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Avant de parler d'assiette

Marzia Botrugno
Écrit par Marzia Botrugno
9 juin 2026 · Lecture 3 min
Mains disposant des légumes et des tomates dans des plats, sur une table en bois

Beaucoup de personnes arrivent en consultation avec une idée précise de ce qu'elles attendent : un plan alimentaire, une liste de ce qui est permis et de ce qui ne l'est pas. Je comprends la demande. Ce n'est pourtant pas par là que je commence.

Une assiette ne dit pas tout

Deux personnes peuvent manger exactement la même chose et ne pas s'en porter pareil. L'une dort sept heures, marche pour aller au travail et prend ses repas assise ; l'autre dort mal, saute le déjeuner et dîne à vingt-deux heures devant un écran. Le contenu de l'assiette est identique ; le contexte, non.

C'est pour cette raison que je considère la santé comme le résultat de l'interaction entre plusieurs facteurs : l'alimentation, bien sûr, mais aussi les habitudes quotidiennes, l'équilibre émotionnel et le mode de vie. On peut agir sur les quatre, rarement sur un seul.

Les trois questions du début

La première : à quels moments de la journée mangez-vous, et dans quelles conditions ? Debout, en cinq minutes, en réunion — ce n'est pas un détail, la digestion démarre bien avant l'estomac. La deuxième : qu'est-ce qui a déjà été essayé, et pourquoi cela n'a pas tenu ? Un régime abandonné n'est pas un échec, c'est une information.

La troisième, la plus utile : qu'est-ce qui est réaliste chez vous, cette semaine ? Une stratégie parfaite que personne ne peut appliquer ne vaut rien face à un ajustement modeste tenu pendant trois mois.

Omnivore, végétarien, végane

Je reçois des personnes de tout âge et de toutes les habitudes alimentaires. Mon rôle n'est pas de vous faire changer de camp : c'est de rendre solide le choix que vous avez fait. Une alimentation végane bien construite ne pose pas de problème ; mal construite, elle expose à des carences précises, que l'on peut anticiper.

Cela vaut dans l'autre sens aussi. Une assiette omnivore n'est pas équilibrée par définition, et beaucoup de rééquilibrages consistent simplement à remettre des légumes, des légumineuses et un rythme là où il n'y en avait plus.

Ce que le suivi change

Nous avançons par petites étapes, avec des stratégies concrètes à tester entre deux rendez-vous, puis à garder, ajuster ou abandonner. L'objectif tient en trois points : une relation plus apaisée avec la nourriture, plus d'énergie dans la journée, et un équilibre qui tienne sans surveillance permanente. Les consultations peuvent se tenir au cabinet ou à distance.

Un dernier mot : la nutrition telle que je la pratique accompagne, elle ne soigne pas. En cas de maladie chronique, de traitement en cours, de trouble du comportement alimentaire ou de perte de poids inexpliquée, le suivi se fait en lien avec votre médecin — et c'est lui qui pose le diagnostic.

Marzia Botrugno
Marzia Botrugno
Physiothérapeute et thérapeute en nutrition — PhysioGreen, Rue Vignier 2, Genève